samedi 16 février 2013

RELATIONS AVEC LA NATURE


RELATIONS AVEC LA NATURE


Bonne Mère Terre INA nous t’offrons cette Pipe Sacrée afin que durant notre vie sur toi nous puissions marcher, nous asseoir et jouer, pleurer et souffrir, rire et nous réjouis en ton sein. Continue à nous donner ce qui nous permet de vivre, la nourriture que tu produis, les plantes dont nous avons tant besoin pour garder les gens en bonne santé. Sanctifie les ruisseaux et les montagnes, les arbres, l’herbe, les buissons et tout ce qui vient de tes entrailles. Wakan Tanka, bénis notre Mère la Terre afin que notre peuple continue à vivre en harmonie avec la nature. Que tout ce que fait l’homme avec la Pipe Sacrée soit aussi sanctifié.
Les pierres, la couverture en peau de bison, le crâne qui nous sert d’autel, notre danse du soleil et son arbre sacré.
Pete Catches Sr (Saint homme)



La terre, comme chaque mère peut le faire, offre son corps à tous les êtres vivants afin qu’ils en tirent une nourriture substantielle. Elle satisfait ses enfants par l’abondance des ressources qu’elle met à disposition de tous. Lorsque l’un de ses enfants meure, son corps retourne en son sein afin que le cercle sacré soit complété. Tous les êtres de la création, animaux, pierres, plantes et humains sont des fils et filles de Mère Terre. Pour les Lakota, tout ce qui est vivant, la terre, le soleil, les étoiles, la lune, des quatre directions, les animaux, les pierres et les plantes, l’eau, … a une puissance mystérieuse (wakan) avec laquelle il nous faut communiquer. Tous ces éléments de la nature sont pour les Lakota des intermédiaires pour entrer en relation avec cette force magique dont ils sont part intégrante.
Les Lakota sont toujours grandement respectueux de toutes les choses vivantes et méprisent les choses mortes des hommes blancs ; par exemple, une maison de blancs peut avoir la vie propre aux matériaux nobles qui ont servi à sa construction, mais elle peut aussi être faite de matériaux morts qui sont d’invention plus récente, les produits synthétiques entre autre. Une pierre de taille sera toujours vivante alors qu’un ciment fait de « cadavres amalgamés » est en principe sans vie.
Il est important de prendre conscience que le « bain » dans un milieu naturel , tel les forêts, plaines, cascades, montagnes, est une immersion vivifiante et ressource l’homme qui s’y abandonne. La vie dans la nature est un bain d’énergies puissantes.



LES PLANTES


Dans leur façon d’opérer, les saints hommes, lorsqu’ils récoltent racines, feuilles et écorces, s’immergent dans ce milieu. L’homme saint doit alors attirer la faveur de l’âme de chaque plante en faisant une offrande de tabac (la plante sacrée par excellence). Une plante qui ne serait pas en alignement –âme-wakan-corps- ne saurait être efficace.
Certaines parties de la nature peuvent condenser la puissance magique et avoir une efficacité par simple contact.



LES ASTRES


Dans un grand nombre de tribus, l’étude des astres et constellations a été poussée assez loin. Les Lakotas eux-mêmes ont …….. la science des étoiles pour leur déplacement d’un camp d’été vers un camp d’hiver. Le soleil : principe masculin, la terre : principe féminin, l’étoile du matin, la lune, l’arc-en-ciel et d’autres aspects du monde céleste influent constamment sur la vie psychique des Lakota car les astres ont une puissance magique qui s’accorde avec celle des hommes.

LES ESPRITS DE LA NATURE


De nombreuses personnes sont effectivement très sensibles à la puissance qui se dégage de al nature et les légendes qui s’attachent aux esprits de ces lieux se retrouvent chez tous les peuples. Certaines personnes prétendent se ressourcer en d’adossant contre le tronc d’un arbre. Les radiesthésistes disent que certaines branches de bois vert sont particulièrement sensibles aux radiations.

Au moment de la naissance, lors de la première inspiration, le bébé s’imprègne de la force wakan, cette force de vie encore indéfinie qui fait partie de notre monde et qui devient son pouvoir personnel ; accrochée dans le corps, elle reçoit des influences cosmiques qui entraînent une orientation et des goûts particuliers, voire des vocations, qui donnent à tous les êtres nés sous la même influence des goûts et même des caractères similaires, ce qui n’empêche toutefois pas :
1)    l’hérédité et l’éducation de faire son œuvre
2)    la volonté d’intervenir
L’influence ambiante joue aussi un rôle important car l’esprit d’un lieu peut agis sur le psychisme humain.

Les Lakotas s’adressent aux animaux, aux plantes et aux rochers comme à leurs frères et sœurs car ils sont nés de la même matrice, la Terre, et ont été conçus par Wakan Tanka.
Dans son livre « LA TERRE DE L’AIGLE TACHETE », Luther STANDING BEAR écrit à ce propos :
« Les ancêtres étaient littéralement amoureux de la terre. Ils s’asseyaient et se couchaient sur le sol en éprouvant la sensation d’être proches d’une source de puissance créatrice. Toucher la terre faisait du bien à la peau et les ancêtres aimaient retirer leurs mocassins et marcher pieds nus sur la terre sacrée ».





« Je prie avec la Pipe vers les quatre directions, je prie vers l’ouest d’abord car c’est de là que vient le plus souvent le tonnerre, je prie vers Dieu d’abord, puis vers les animaux et vers le tonnerre.
La pipe a reçu son pouvoir de Dieu. Aucun être humain n’a jamais rendu cette pipe forte et sacrée mais elle vient de Dieu. »
John IRON ROPE







QUELQUES PLANTES MEDECINES


Beaucoup de plantes qu’utilisent les Lakota sont d’une identité incertaine pour nous. Les préparations botaniques ou « cures » portent des noms locaux, mais il n’est pas fréquent que nous puissions connecter les racines, les feuilles et les fleurs aux plantes vivantes ou à l’endroit où elles ont été collectées. Les hommes médecines ont leur propre collection ramassée avec les prières correspondantes.


1)    LAKOL WAK’ALYAPI (sioux boiled drink) « COREOPSIS
La fleur et la tige sont bouillies et utilisées dans les cas de diarrhées, troubles des reins,

2)    MAK’UYAZANPI (maladie de poitrine) « JUNCACEAE
Bouillie, elle est donnée comme cure rapide pour les diarrhées

1)    UNKCELA (cactus) « LOPHOPHORA WILLIAMSII » Peyote
Il est utilisé sous forme de prière. Cette médecine guérit presque tout. Il est utilisé pour ôter la
douleur et favoriser un rétablissement rapide.

2)    C’ANLI ICAHIYE (mixture de tabac)
C’est une racine du Montana. Elle est utilisée pour donner du goût au tabac et aussi pour la
gorge et la poitrine, pour les bronchites. Elle est bouillie et frottée sur le visage pour libérer
la douleur. L’odeur pénètre toute la maison et repousse les serpents.

3)    AZILYAPI  « ENCENS »
Herbe douce ou n’importe quel encens.

4)    CEYAKA « MENTHE »
Il y en a quatre sortes.


lundi 21 mai 2012

CEREMONIE DE LA PIPE SACREE


CEREMONIE DE LA PIPE SACREE


Avant de présenter la cérémonie par elle-même nous allons donner quelques indications sur la Canunpa (prononcer tchanoupa) ou la Pipe Sacrée qui littéralement en langue Lakota veut dire « deux bois ». Une petite précision sur la façon de se procurer une canunpa :

1)    Il est toujours facile de se procurer des Pipes Sacrées sur les réserves ou dans un trading-post
2)    Mais vous ne savez jamais vraiment qui l’a sculptée et l’intention qui a été mise dedans
3)    Le mieux, c’est de la sculpter soi-même afin d’y mettre tout son « cœur »
4)    La recevoir comme un présent est en fait un immense honneur
5)    D’un point de vue traditionnel, il n’est pas conseillé d’acheter une pipe.

Pour se procurer la pierre (catlinite) rouge, un seul endroit :
PIPESTONE NATIONAL MONUMENT
BOX 727
PIPESTONE, MINNESOTA 56 164 U.S.A.

Le tuyau se fait dans un bois assez dur tel que le frêne. Le cœur du bois se perce en chauffant une corde de piano sur le feu et le laisser sécher quelques mois avant de le sculpter.

Bien avant d’en passer à cela, il serait préférable et même conseillé de participer tous les mois durant au moins une année à des bains de vapeur ou huttes à sudation et des prières de manière lakota ; ainsi vous serez à même de vous poser les bonnes questions quant au fait de devenir gardien de Canunpa et les différents esprits et enfin, vous vous familiariserait avec les légendes (par exemple celle du Don de la Pipe Sacrée par la Femme Bison Blanc) et vous approcherait la philosophie Lakota d’un peu plus près.

Il se peut qu’un leader spirituel vous demande si vous croyez aux esprits auxquels les Lakota s’adressent durant les cérémonies :
-       WAKAN TANKA le Grand Mystère, celui que l’on ne peut expliquer
-       TUNKASILA Grand Père
-       TATIYE TOPA les quatre vents : ouest, nord, est et sud
-       MAKA UNCI Grand Mère Terre


Voici le matériel dont vous aurez besoin pour la cérémonie de la Pipe Sacrée :
-       Un sac à pipe (de préférence faites votre sac dans la peau d’un animal sauvage : cerf, bison, élan, loup, etc, afin de ranger vos différents éléments.
-       Du CANSASA ou mélange de tabac : en fait c’est le mélange de l’écorce de l’osier rouge avec un tabac doux (50/50)  (osier rouge = cornus stononifera)
-       Une tresse d’herbe douce WACANGA (hierchloe odorata ou toresia odorata)
-       Un petit sachet avec du cèdre séché (calocedrus decurens) ou cèdre blanc de Virginie, KANTE
-       Un petit bouquet de sauge PEJI HOTA (artemisia ludoviciana)
-       Un bourre pipe
-       Une corde de piano ou une tige de métal pour nettoyer le tuyau et le fourneau


Il y a plusieurs façons pour sculpter votre fourneau et chacune a un sens particulier, une signification. Par exemple :


« L » bowl c’est pour les célibataires





« T » bowl c’est pour une famille



C’est ainsi que l’on reconnaît si une personne est libre ou non.

Dès que vous utilisez la Canunpa pour prier elle devient sacrée. Vous ne devez jamais la vendre. Pour la respecter, rangez votre sac dans un endroit spécial. Si vous n’en voulez plus, rangez la Pipe puis attendez un moment : soit vous rencontrerez un homme médecine qui, lui, saura quelle direction donner à la Canunpa, ou mettez-là dans la terre.
Il est mieux d’avoir une Canunpa initialement bénite par les esprits lors d’une cérémonie menée par un homme médecine.


LA CEREMONIE

Faites brûler de l’herbe douce, celle-ci attire tous les esprits. Les esprits aiment l’odeur de la « sweet grass ».
Passez vos mains dans la fumée de l’herbe douce, puis votre sac à pipe contenant tous les éléments.
Sortez les éléments de votre sac.
Nettoyez votre fourneau et votre tuyau.
Puis connectez le fourneau au tuyau.




















La voie rouge, c’est le chemin qu’empruntent les âmes entre le Nord et le Sud pour voyager vers « la voie lactée ». La Canunpa représente la voie rouge.

Une fois les deux parties connectées, passez la Pipe quatre fois dans la fumée d’herbe douce, puis votre bourre pipe quatre fois, puis votre sachet de tabac quatre fois aussi. Vous êtes fin prêt.

Pour la deuxième étape, vous devez chanter le chant pour remplir la Pipe ou CANUNPA OPAGI OLOWAN.


Le chant


Vous êtes face à l’ouest, le fourneau dans la main, tenant votre Canunpa comme un bébé. Vous prenez une pincée de tabas et vous décrivez de petits cercles au-dessus de la fumée de l’herbe douce et vous présentez la pincée aux esprits qui habitent la direction de l’ouest, puis pensez à votre prière et mettez la pincée dans le fourneau. Faites de même pour le Nord, l’Est et le Sud, puis pour Grand-Père au Zénith et Grand-Mère sur le sol.

Voilà, votre Canunpa est chargée et le chant terminé, il ne reste plus qu’à l’allumer, puis fumer (n’avalez pas la fumée). L’action d’envoyer la fumée, c’est envoyer vos prières dans l’univers vers Wakan Tanka le Grand Mystère.

mercredi 2 mai 2012

mardi 1 mai 2012

L’ARBRE SACRE


L’ARBRE SACRE



Pour tous les peuples de la terre, le créateur avait planté un arbre sacré au-dessous duquel ils devraient se réunir et trouver là guérison, pouvoir, sagesse et sécurité.
Les racines de cet arbre s’étalaient profondément dans le corps de notre mère la terre. Ses branches poussaient très haut comme des mains priant notre père le ciel. Les fruits de cet arbre sont les bonnes choses que le créateur a donné aux peuples : les enseignements qui montrent le chemin vers l’amour, la compassion, la générosité, la patience, la sagesse, la justice, le courage, le respect, l’humilité et beaucoup d’autres très beaux cadeaux.

Les anciens ont dit que la vie de l’arbre est la vie du peuple. Si le peuple s’éloignait de l’ombre protectrice de l’arbre, s’il oubliait de chercher la nourriture qu’apportaient ses fruits, ou s’il se retournait contre l’arbre et essayait de le détruire, de grandes larmes s’abattraient sur ce peuple. Beaucoup deviendraient alors malade du cœur. Le peuple perdrait son pouvoir. Les hommes cesseraient de rêver des rêves et d’avoir des visions. Ils commenceraient à se quereller entre eux pour des broutilles. Il leur serait impossible de se dire la vérité et de se supporter les uns les autres honnêtement. Ils oublieraient comment survivre sur leurs propres terres. Leurs vies seraient remplies de colères et d’ombres. Petit à petit ils s’empoisonneraient et tout ce qu’ils toucheraient avec.

Il avait été dit auparavant que ces choses se passeraient mais que l’arbre ne mourrait jamais. Et tant que l’arbre vit, les peuples vivent. Il avait aussi été dit auparavant que le jour viendrait où les gens s’éveilleraient comme s’ils sortaient d’un sommeil drogué. Ils commenceraient timidement d’abord puis ensuite avec une grande urgence à rechercher l’arbre sacré.

La connaissance et l’endroit, les fruits qui ornent les branches ont toujours été gardés précautionneusement et préservés à l’intérieur des esprits et des cœurs de nos sages aînés et dirigeants. Ces âmes simples, aimantes et offertes, guiderons chacun de ceux qui seront honnêtement et sincèrement en recherche sur le chemin qui mène vers la protection de l’ombre de l’arbre sacré.

dimanche 8 avril 2012

POUR UNE BONNE COMPREHENSION DE LA TRADITION ET DES CEREMONIES DES SIOUX-LAKOTA



Rédigé en s’appuyant sur « L’oiseau Tonnerre » de Paul COZE (1928)

WAKAN


Traduit par sacré, mystérieux, incompréhensible.
C’est l’étincelle de vie qui habite chaque être ou chose. Cette force n’est pas matérielle ; elle est occulte, mystérieuse. Elle habite aussi des objets sacrés car elle peut être transférée, transmise, attirée, acquise, développée ou tout bonnement supprimée.

« Il faut puiser dans les rêves la force de faire de grandes choses. J’ai prié, j’ai jeûné, j’étais nu et solitaire.
L’oiseau-tonnerre a visité mon rêve. Il m’a appris les secrets de vie. »


Paroles d’un Sioux-Lakota


PRECEPTES DE VIE A RESPECTER AFIN DE VENERER L’ETINCELLE DE VIE, LE SOUFFLE SACRE WONIYAN WAKAN

1)    chaque être, chaque chose sont sacrés
2)    chaque être, chaque chose sont vivants
3)    chaque être, chaque chose sont part du grand mystère et contiennent une partie de son étincelle de vie, de son souffle sacré.

Moyens de développer le wakan


La prière :
« Dans la pensée des Lakotas, tout être, toute chose, possèdent une part de wakan. La prière profonde se fait dans le silence sans complications extérieures. Elle est silencieuse parce que tous les discours sont nécessairement faibles et imparfaits. Aussi les âmes de nos ancêtres atteignaient Wakan Tanka dans une adoration sans mots ; la prière se faisait solitaire parce qu’ils pensaient que le créateur est plus proche dans la solitude. Les hommes-médecines n’étaient pas là pour servir d’intermédiaires entre les hommes et Wakan Tanka. Chez nous il n’y avait pas d’incrédules ou de gens athées. »
OYESHA 
Dr Charles Eastman

La purification :
Par l’Inipi :


« Dans la vapeur nous prions en cœur, nos corps se purifient, nos émotions sont plus claires, notre mental centré, ainsi le spirituel peut prendre sa place. »
Archie Fire LAME DEER
Paris 1994

La Loge à Sudation ou Inipi est une méthode utilisée dans presque toutes les tribus d’Amérique (Nord et Sud).L’homme peut s’y retirer seul ou en groupe. Elle est formée de branches de saule blanc repliées sur elles-mêmes pour former un petit dôme sur lequel sont posées des couvertures. A l’intérieur, les officiants versent de l’eau sur les pierres préalablement chauffées.Ce bain de vapeur est d’une durée variable, la Canunpa y est offerte, ainsi que des prières et des chants. Durant les tours de purification, la confession publique joue un rôle important et fait partie intégrante de la purification elle-même.



La Chasteté, le jeûne et la pauvreté sont aussi des moyens de cultiver le wakan.

La chasteté :
Un peu avant les cérémonies (soit 2 jours ou 4 jours).
La chasteté était de rigueur pendant les danses du soleil, durant l’imploration d’une vision car l’acte charnel par lui-même entraîne une fusion de deux énergies wakan. La masturbation la disperse tout simplement. Chez les Objiways un homme qui enfreignait cette règle se peignait la moitié du visage en noir et l’officiant chargé de passer la pipe sacrée évitait le coupable qui assistait aux cérémonies mais n’y participait pas.

Le jeûne :
Ou la quête, l’imploration d’une vision, d’un rêve fait partie intégrante des règles de vie des Lakotas et est une des raisons qui attirent l’étincelle force de vie (pouvoir, fluide), le Wakan. En se libérant de ce qui « pèse sur les épaules », le sacrifiant –celui qui s’offre au Grand Mystére- peut recevoir la force d’aider son peuple par une vision.

La pauvreté :
Tout ce qui provoque l’envie, le désir, la luxure et les excès éloigne le Wakan car l’esprit est occupé par des choses matérielles et non spirituelles.

Le souffle :
Le souffle est pour les Lakotas le symbole (pas simplement) du Wakan ou même de l’âme : l’air, c’est la respiration de Wakan Tanka. Il faut donc savoir respires l’air de la nature.

§  Parler : les mots sont le souffle mélangé aux sons et ont une influence magique
§  Chanter : c’est converser avec le Grand Mystère ; c’est une émission de Wakan vers Wakan Tanka
§  Fumer la Canunpa : c’est mêler le principe magique du feu et du souffle qui se traduit par la fumée qui est une émission visible du Wakan

Prêtez l’oreille à l’air, vous pouvez l’entendre, le percevoir, le sentir, le goûter. Woniya Wakan, air béni, dont le souffle renouvelle tout. Woniya, woniya wakan, l’esprit, la vie, le souffle, la renaissance, voilà ce que cela veut dire. Woniya. Nous nous asseyons en cercle, rien ne nous touche mais quelque chose est là. Nous la sentons entre nous comme une présence. Une bonne façon de commencer à penser à la nature, et à parler d’elle, c’est de lui parler, de parler aux rivières, de parler aux lacs, de parler aux vents comme à nos proches.
« Pleurer pour une vision » 1972
John Fire LAME DEER (Miniconjou)





jeudi 5 avril 2012

LA CEREMONIE D’INIPI


Le Tunka Tipi, la loge des êtres de pierre, est aussi connue sous le nom de Sweat Lodge ou hutte à sudation. Des traces de ce vieux rituel sont présentes sur tous les continents ou au-moins montrent une similarité. En tous cas, nous avons toujours une part de ce rituel dans le sauna finlandais. Au niveau matériel, la sweat lodge est faite de perches de saule blanc liées ensemble et recouvertes avec des couvertures pour obtenir le noir total à l’intérieur. Les pierres sont chauffées tout près dans un feu sacré et amenées dans la sweat lodge. L’eau versée sur les pierres chaudes produit une vapeur. Quelquefois des plantes sont brûlées, faisant office d’encens (sauge, herbe douce, cèdre, copal…).

Un bain de vapeur de ce type peut durer cinq minutes ou... quatre heures. La chaleur nous enveloppe. Spirituellement et symboliquement un monde totalement différent s’ouvre à nous. La loge représente notre mère la Terre qui est fertilisée par des pierres venant du Soleil (des pierres venant du feu éternel, le Soleil).

Nous nous asseyons tous en cercle autour de ces pierres et nous expérimentons l’acte de la création en nous. Cette boule malléable ou Mère Terre au début de son existence s’est refroidie. La vapeur ou «souffle des Grands-Pères » aussi appelée atmosphère s’en est dégagée et la vie a vu le jour. Les quatre premiers éléments, le feu, l’eau, l’air et la terre, nous aident à reprendre contact avec l’étincelle de vie, la Source. Les vieux schémas ou problèmes peuvent être offerts aux pierres et brûlés ou transformés et vous pouvez demander de l’aide pour trouver un nouveau sens à votre vie. A l’intérieur, c’est chaud, serré, humide et sombre, comme avant notre naissance et lorsque nous sortons de l’Inipi, c’est comme l’acte de naissance. Les pierres représentent la terre et le monde ancien. Elles sont porteuses de la mémoire de notre monde, c’est pour cela que nous leur montrons un grand respect. Elles sont toujours nos "Grands-Pères" et "Grands-Mères". Lorsqu’elles rougeoient dans la hutte, elles ne nous donnent pas simplement leur vie afin de nous purifier, mais aussi de cet air qui est enfermé en elles depuis des milliers d’années.




Nous nous nettoyons dans la hutte physiquement, émotionnellement, mentalement et spirituellement. Ce rituel est aussi accompagné de chants lakota très anciens. La nation Sioux-Lakota a su préserver un caractère original depuis de longues années à ce rituel et il semblerait qu’ils en sont les gardiens parmi les nations amérindiennes.
Il y a 104 ou 405 (cela dépend des traditions familiales) chants sacrés pour mener une telle cérémonie. Le meneur devrait avoir fait au-moins l’expérience d’une quête de vision (4 jours et 4 nuits seul sans manger et sans boire) et, lorsque cela est possible, être danseur du soleil (un rituel lors duquel le participant offre une prière de 4 jours et 4 nuits sans manger et sans boire, comme un don pour remercier pour nos vies, face au soleil, et dans lequel il a, dans certaines circonstances, une connexion directe et physique avec l’Arbre de Vie). Il devrait aussi avoir la permission d’un homme médecine ou d’une femme médecine qui, en tant qu’intercesseur, peut estimer la pureté du cœur et l’intégrité de celui qui verse l’eau.
Après une telle cérémonie, les énergies vous accompagneront pendant quatre bonnes semaines et peut-être, par bonheur, vous guideront et vous enrichiront pour le reste de vos vies.